vendredi 31 janvier 2014

Perspectives Economiques Régionales Afrique subsaharienne


 MARCHE
 
L’Afrique subsaharienne affiche une croissance forte depuis les 20 dernières années. Bien que la croissance de certains pays de la région dépende des exportations de ressources naturelles, bon nombre de pays à faible revenu pauvres en ressources naturelles ont aussi bénéficié d’une croissance rapide. De fait, huit des douze économies subsahariennes ayant eu la croissance la plus rapide depuis 1995 étaient des pays à faible revenu considérés comme pauvres en ressources naturelles durant cette période. L’on attribue souvent la croissance économique de l’Afrique subsaharienne au niveau élevé des recettes tirées de l’exploitation des produits de base et aux investissements qu’elle a suscités. Bien que cela se vérifie pour de nombreux pays, plusieurs pays à faible revenu pauvres en ressources naturelles ont toutefois maintenu des taux de croissance élevés pendant une période relativement longue. Le chapitre 2 du dernier rapport du FMI "Les perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne" examine cet aspect méconnu en s’intéressant au cas d’un groupe de six pays qui ont réussi à se développer à un rythme soutenu alors qu’ils étaient pauvres en ressources naturelles pendant la période considérée : le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Mozambique, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie. Comment expliquer une telle performance économique ? Y aurait-il des leçons à tirer de cette expérience pour d’autres pays (de la zone)? Et surtout la région peut-elle maintenir une telle croissance durant les 20 prochaines années ?

jeudi 16 janvier 2014

Rapport statistique et démographique sur les migrations'


Couverture
Comment la question des migrations est-elle abordée par les Belges ? Plusieurs études récentes, dont le Baromètre social de la Wallonie 2013, ont confirmé que les perceptions correspondent rarement à la réalité. Ce 18 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des migrants, le Centre publie son rapport statistique et démographique annuel sur les migrations. Des chiffres qui permettent à chacun de nuancer ses positions et d’envisager le fait migratoire autrement que comme un phénomène menaçant.
Premier rappel chiffré : la migration, ce n’est pas que l’immigration. L’étude des flux migratoires est souvent appréhendée à travers l’immigration étrangère uniquement. Or, les mouvements migratoires en Belgique sont la résultante des entrées et des sorties du pays, effectuées tant par les citoyens belges que par les étrangers. Il est donc important de mettre ces différentes composantes en perspective afin de ne pas tronquer le phénomène migratoire. Ainsi sur 100 migrations en 2012, il y a eu 59 immigrations/entrées et 41 émigrations/sorties.
Ce chiffre de 100 migrations est évidemment très éloigné de la réalité, puisqu’on a en réalité enregistré plus de 250.000 mouvements migratoires en Belgique en 2012 (immigrations et émigrations des Belges et des étrangers) ! Ce qui nous amène à un autre constat. D’un point de vue général, la Belgique connaît depuis plusieurs décennies une mobilité internationale importante et croissante. « Les chiffres montrent avant tout que les mouvements migratoires, dans leur ensemble, sont en augmentation en Belgique comme dans le reste du monde », explique Patrick Charlier, directeur adjoint du Centre. « Ceci nous rappelle aussi que la migration est une des composantes incontournables de la démographie d’un pays, à côté de la natalité et de la mortalité. Or on ne l’aborde encore trop souvent que sous ses dimensions économique, sociale et surtout politique. »
Autre fantasme que les chiffres rectifient illico : l’immigration serait majoritairement (nord-)africaine ou asiatique. Faux, elle est en réalité d’abord intra-européenne (donc couverte par le droit de libre-circuler) ; et quand elle provient des pays-tiers, elle est de plus en plus diversifiée. L’examen des tendances migratoires au cours de ces vingt dernières années indique que la plus grande part de l’immigration est principalement le fait de ressortissants de l’UE. Ainsi en 2011, sur les 138.071 immigrations d’étrangers, 78.473 immigrations correspondaient à des entrées de ressortissants de l’UE-27, soit 56,8%, ce qui représente une augmentation de 6% par rapport à l’année 2010. Ces immigrants citoyens de l’UE proviennent essentiellement des anciens pays membres de l’Union européenne à 15 (47.996, soit 34,8% du total des entrées). La part des ressortissants des nouveaux États membres entrés dans l’Union en 2004 et en 2007 a cependant – et logiquement – plus que doublé, passant de 10 % à 22% entre 2004 et 2011. 2012 confirme la tendance avec 78.480 immigrations intracommunautaires (soit 63% des immigrations, dont 38% de ressortissants des nouveaux États membres).
Nationalité et origine : deux réalités différentes
Parmi les 11 millions d’habitants que compte la Belgique, certains sont Belges, d’autres étrangers. D’autres encore sont des étrangers devenus belges. La nationalité que nous avons a un impact déterminant sur notre quotidien. En effet, selon notre nationalité nous pouvons circuler plus ou moins facilement hors de Belgique, y accéder au marché du travail plus ou moins aisément, y vivre notre vie de famille plus ou moins librement, participer plus ou moins largement à la vie politique, etc.
En Belgique, près d’un cinquième de la population, soit environ 2 millions d’habitants, avait une nationalité étrangère à la naissance. Certains d’entre eux sont nés à l’étranger, d’autres (plus d’un quart) sont nés en Belgique. De ces 2 millions d’habitants, plus d‘1 million ont aujourd’hui gardé leur nationalité étrangère tandis que pratiquement 900.000 sont devenus belges.
Mais la nationalité occulte l’histoire migratoire, et donc l’origine. Parmi les Belges, certains sont des ‘primo-arrivants’ sur le territoire, parce qu’ils sont nés à l’étranger de parents Belges émigrés. D’autres ont une histoire migratoire familiale plus ou moins récente parce qu’ils sont nés de parents ou de grands-parents migrants.
En résumé, sur base de la nationalité, la Belgique compte aujourd’hui 1 habitant étranger sur 10. Sur base de la nationalité à la naissance, près d’1 habitant sur 5 est d’origine étrangère. Et si l’on recherche la nationalité à la naissance des grands-parents des 11 millions d’habitants que compte le pays, c’est alors environ un quart de la population qui s’avère être d’origine étrangère

mercredi 15 janvier 2014

La diversification de l'alimentation du bébé


L'équipe de "Nutritions & endocrinologie" est partie à la rencontre du docteur Alain BOCQUET, pédiatre à Besançon, et qui nous présente les différentes consignes et lignes de conduite à tenir concernant la diversification alimentaire de l'enfant, et met aussi en garde sur les laits végétaux, ainsi que d'autres animaux que la vache.

Gambie : deux journalistes arrêtés et inculpés

 Gambie : deux journalistes arrêtés et inculpés.


 Banjul (Gambie) - Deux journalistes du tri-hebdomadaire privé gambien The Voice ont été arrêtés lundi et inculpés de diffusion de fausses informations, selon des sources concordantes, leur rédaction liant ces arrestations à un article sur des défections au sein du parti au pouvoir.
Deux journalistes du tri-hebdomadaire privé gambien The Voice ont été arrêtés lundi et inculpés de diffusion de fausses informations, selon des sources concordantes, leur rédaction liant ces arrestations à un article sur des défections au sein du parti au pouvoir.

afp.com/Alain Jocard

Le rédacteur en chef de The Voice (La Voix), Musa Sheriff, un Libérien basé en Gambie a été arrêté en premier lundi matin à son bureau à Banjul, a indiqué à l'AFP un responsable de la rédaction de The Voice, arrestation confirmée par une source sécuritaire jointe par l'AFP sur le sujet.

Musa Sheriff, qui possède le journal, a été arrêté "et inculpé pour avoir publié des fausses informations. Il sera bientôt traduit en justice", a déclaré la source sécuritaire, sans plus de détails.

Selon le responsable de la rédaction de The Voice joint par l'AFP, Musa Sheriff "a été arrêté lundi matin à son bureau (à Banjul) par quatre policiers en civil, qui se sont présentés comme des membres de l'Agence nationale de renseignements (NIA)", il a été conduit au poste de police de Sanyang, à environ 30 km de Banjul, où il était détenu lundi soir.

De même source, cette arrestation est liée à un article publié en décembre par The Voice. Le texte rapportait que 19 militants de l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC), du président Yahya Jammeh, avaient quitté ce parti pour rallier le Parti démocratique uni (UDP), principale formation de l'opposition.

L'APRC a nié ces informations.

L'auteur de l'article, Sainey Marenah, a également été arrêté, inculpé et était détenu au même poste de police, a indiqué lundi soir le Syndicat de la presse de Gambie (GPU).

Sainey Marenah s'était rendu au poste de police de Sanyang pour s'enquérir de la situation de son chef, a-t-on indiqué de même source, sans plus de détails.

En décembre, un responsable de l'UDP, Amadou Sanneh, a été condamné à cinq ans de prison et écroué pour avoir soutenu deux de ses partisans qui envisageaient de fuir en Finlande et qui ont été condamnés à la même peine.

Le tribunal de Banjul qui les a jugés a estimé que les trois hommes avaient "l'intention d'attiser la haine (...) contre la personne du président" Jammeh. Il était reproché à M. Sanneh d'avoir écrit une lettre ouverte à en-tête de l'UDP affirmant que les deux militants de ce parti risquaient la mort s'ils ne partaient pas en exil politique en Finlande.

Des organisations de défense des droits de l'Homme et de la liberté de la presse dénoncent régulièrement les violations de la liberté de la presse et de la liberté d'expression, entre autres droits, en Gambie, pays anglophone d'Afrique de l'Ouest dirigé d'une main de fer depuis 1994 par Yahya Jammeh.


Lexpress

vendredi 10 janvier 2014

Changer de regard sur l’immigration : les femmes migrantes

 

Les femmes migrantes ou la migration féminine est un phénomène passé sous silence et rendu invisible. Pourtant la migration des femmes n'est pas négligeable dans la globalité de ce fait social.

Les femmes migrantes ou la migration féminine est un phénomène passé sous silence et rendu invisible. Pourtant la migration des femmes n'est pas négligeable dans la globalité de ce fait social. Car il faut parler de fait social plutôt que de problème ou de gestion de flux. Nous ne sommes pas en train de répondre à un problème technique de production ou de recherche de performance mais de répondre à un enjeu humain de dimension planétaire. Cet enjeu, comme beaucoup d'enjeux humains, est d’autant plus criant que les populations, les groupes sociaux, sont fragiles, vulnérables, c'est à dire avec le moins de capacité de se protéger ou de se défendre. C'est le cas de femmes migrantes. Elles subissent une double peine : celle d'être une femme en situation de vulnérabilité et celle d'être migrant. Étant femme, elles subissent les inégalités femmes-hommes. Déjà dans la perception que nous avons de la migration : lorsque nous parlons de migrant, l'imaginaire culturel collectif voit d'abord un homme jeune maghrébin, noir ou asiatique. On peut bien sûr se poser la question de la construction et de l'entretien de cet imaginaire : par qui ? Pour quoi ? Comment  ? Si nous avions une image de femme peut être aurions nous collectivement moins peur ?!

L'image est masculine, pourtant la part des femmes dans l’immigration augmente. Actuellement elles représentent 49 % des migrants dans le monde, 52 % en Europe. Rappelons, à toutes fins utiles, que les migrants ne représentent que 3 % de la population mondiale et que les migrations du Sud vers le Nord ne représentent que 40% des 3 % soit 1,2 % de la population mondiale... On est loin de l’immigration massive et invasive.

Donc déjà elle représente la moitié et elles sont invisibles culturellement. Ensuite, quand on s'imagine une femme immigrée, on voit la femme soumise qui suit son mari. Pourtant de plus en plus de femmes voyagent seules. Pour certains pays l'émigration est même quasiment composée que de femme. 65 % de l'émigration depuis les Philippines est le fait des femmes. 70 % des migrants d’Amériques latines présents en Italie sont des femmes. Les femmes voyagent donc de plus en plus seules. Mais on s'imagine que c'est nécessairement pour retrouver un mari qui a réussi à s'installer tant bien que mal et qui la fait venir. Cette immigration existe bien sûr mais elle ne recouvre pas la totalité du phénomène (30% des regroupements familiales concernent les hommes) et la migration féminine ne peut pas être réduite au cadre familiale ou conjugale. Les femmes migrent aussi, comme les hommes, avec leur propres projet migratoire pour trouver une situation à la hauteur des diplômes (38 % des femmes immigrés sont diplômées), pour fuir une situation intenable, pour fuir des violences, pour faire des études, trouver une vie meilleure, moins dangereuse, chercher une protection, etc... Il est temps de considérer que les femmes peuvent être indépendantes et combatives avec un projet migratoire bien à elle pour maîtriser leur destin. En France, c'est 4 femmes sur 10 qui migrent seules. Un tiers des 6 milliards de dollars annuellement envoyés par les migrants de Philippines vient du travail des femmes émigrées. Selon l'étude de l'économiste Hippolyte d'Albis, parmi les migrants, ce sont les femmes qui contribuent le plus à l'économie française. Employées comme nounou ou femme de ménage, elles permettent à d'autres de travailler et leur travail a ainsi un effet multiplicateur. Les assigner à un rôle de "mère de " ou d'"épouse de", c'est les maintenir dans des situations de dépendances qui nient leur autonomie.

Outre le fait que la migration féminine n'est pas appréciée à sa juste réalité sociale, les femmes sont aussi davantage victimes de la dangerosité des routes migratoires. Pour les femmes comme pour les hommes la migration est un risque de plus en plus grand. Les possibilités de visa de plus en plus maigres. L’Europe se ferme, se barricade derrière de vrais murs (Grêce, Ceuta, Melila, ... ) mobilise des bâtiments militaires avec Frontex.

Ces dispositions rendent les routes rares donc dangereuses et sont responsables des morts notamment en méditerranée. Nous rendons ces routes mortelles, ce n'est pas une fatalité ! C'est un choix politique.

Dans cette zone de non droit qu'est la clandestinité, les femmes sont davantage victimes de la violence. Violences sexuelles (viol, prostitution), violences sociales et culturelles (accusée de sorcellerie car hors normes sociales), violences sexistes et racistes dans les pays traversés, violences économiques par le racket et les trafics. Elles sont la cible des passeurs, des policiers, des douaniers et même parfois des compagnons de route.

Ces violences ne sont pas le fait d'indélicats déviants, ces violences sont la conséquence d'une inégalité sociale entre les hommes et les femmes, présente de par le monde et qui s'aggrave dans les situations de précarité extrême.

Les violences que subissent les femmes pourraient constituer des raisons suffisantes pour leur donner l'asile. La Convention de Genève n'est pas réservée aux seuls persécutés politiques. Elle s'adresse à tous les groupes sociaux qui craignent légitimement pour leur intégrité. Certains pays considèrent que les femmes sont un groupe social. A ce titre les mariages forcés, les rites de veuvage dégradant, la mutilation sexuelle infantile ou l'exclusion sociale des divorcées sont considérés comme des raisons valables pour donner l'asile... Sauf en France ! France pays de la déclaration des droits de l'homme, pays au combat féministe, la France considère donc ces violences en dehors du champ politique, relevant de la sphère privée. Non, résister, refuser ces violences est un acte politique posé par ces femmes. Les femmes qui s'opposent à ces traitements inhumains et dégradants constituent un groupe social à part entière et doivent pouvoir bénéficier de la protection au titre de la convention de Genève.

Enfin, pour finir, les femmes sont généralement un levier important de l'inclusion des immigrés dans la société, ce sont elles qui s'engagent le plus dans la vie scolaire des enfants et dans les associations locales.

Il faut penser une politique d'inclusion et d'hospitalité redonnant à ces femmes toute leur place.