Comment
la question des migrations est-elle abordée par les Belges ? Plusieurs
études récentes, dont le Baromètre social de la Wallonie 2013, ont
confirmé que les perceptions correspondent rarement à la réalité. Ce 18
décembre, à l’occasion de la Journée internationale des migrants, le
Centre publie son rapport statistique et démographique annuel sur les
migrations. Des chiffres qui permettent à chacun de nuancer ses
positions et d’envisager le fait migratoire autrement que comme un
phénomène menaçant.
Premier
rappel chiffré : la migration, ce n’est pas que l’immigration. L’étude
des flux migratoires est souvent appréhendée à travers l’immigration
étrangère uniquement. Or, les mouvements migratoires en Belgique sont la
résultante des entrées et des sorties du pays, effectuées tant par les
citoyens belges que par les étrangers. Il est donc important de mettre
ces différentes composantes en perspective afin de ne pas tronquer le
phénomène migratoire. Ainsi sur 100 migrations en 2012, il y a eu 59
immigrations/entrées et 41 émigrations/sorties.
Ce chiffre de 100
migrations est évidemment très éloigné de la réalité, puisqu’on a en
réalité enregistré plus de 250.000 mouvements migratoires en Belgique en
2012 (immigrations et émigrations des Belges et des étrangers) ! Ce qui
nous amène à un autre constat. D’un point de vue général, la Belgique
connaît depuis plusieurs décennies une mobilité internationale
importante et croissante. « Les chiffres montrent avant tout que les
mouvements migratoires, dans leur ensemble, sont en augmentation en
Belgique comme dans le reste du monde », explique Patrick Charlier,
directeur adjoint du Centre. « Ceci nous rappelle aussi que la
migration est une des composantes incontournables de la démographie d’un
pays, à côté de la natalité et de la mortalité. Or on ne l’aborde
encore trop souvent que sous ses dimensions économique, sociale et
surtout politique. »
Autre fantasme que les chiffres rectifient
illico : l’immigration serait majoritairement (nord-)africaine ou
asiatique. Faux, elle est en réalité d’abord intra-européenne (donc
couverte par le droit de libre-circuler) ; et quand elle provient des
pays-tiers, elle est de plus en plus diversifiée. L’examen des tendances
migratoires au cours de ces vingt dernières années indique que la plus
grande part de l’immigration est principalement le fait de
ressortissants de l’UE. Ainsi en 2011, sur les 138.071 immigrations
d’étrangers, 78.473 immigrations correspondaient à des entrées de
ressortissants de l’UE-27, soit 56,8%, ce qui représente une
augmentation de 6% par rapport à l’année 2010. Ces immigrants citoyens
de l’UE proviennent essentiellement des anciens pays membres de l’Union
européenne à 15 (47.996, soit 34,8% du total des entrées). La part des
ressortissants des nouveaux États membres entrés dans l’Union en 2004 et
en 2007 a cependant – et logiquement – plus que doublé, passant de 10 %
à 22% entre 2004 et 2011. 2012 confirme la tendance avec 78.480
immigrations intracommunautaires (soit 63% des immigrations, dont 38% de
ressortissants des nouveaux États membres).
Nationalité et origine : deux réalités différentes
Parmi les 11 millions d’habitants que compte la Belgique, certains sont Belges, d’autres étrangers. D’autres encore sont des étrangers devenus belges. La nationalité que nous avons a un impact déterminant sur notre quotidien. En effet, selon notre nationalité nous pouvons circuler plus ou moins facilement hors de Belgique, y accéder au marché du travail plus ou moins aisément, y vivre notre vie de famille plus ou moins librement, participer plus ou moins largement à la vie politique, etc.
Parmi les 11 millions d’habitants que compte la Belgique, certains sont Belges, d’autres étrangers. D’autres encore sont des étrangers devenus belges. La nationalité que nous avons a un impact déterminant sur notre quotidien. En effet, selon notre nationalité nous pouvons circuler plus ou moins facilement hors de Belgique, y accéder au marché du travail plus ou moins aisément, y vivre notre vie de famille plus ou moins librement, participer plus ou moins largement à la vie politique, etc.
En
Belgique, près d’un cinquième de la population, soit environ 2 millions
d’habitants, avait une nationalité étrangère à la naissance. Certains
d’entre eux sont nés à l’étranger, d’autres (plus d’un quart) sont nés
en Belgique. De ces 2 millions d’habitants, plus d‘1 million ont
aujourd’hui gardé leur nationalité étrangère tandis que pratiquement
900.000 sont devenus belges.
Mais la nationalité occulte
l’histoire migratoire, et donc l’origine. Parmi les Belges, certains
sont des ‘primo-arrivants’ sur le territoire, parce qu’ils sont nés à
l’étranger de parents Belges émigrés. D’autres ont une histoire
migratoire familiale plus ou moins récente parce qu’ils sont nés de
parents ou de grands-parents migrants.
En résumé, sur base de la
nationalité, la Belgique compte aujourd’hui 1 habitant étranger sur 10.
Sur base de la nationalité à la naissance, près d’1 habitant sur 5 est
d’origine étrangère. Et si l’on recherche la nationalité à la naissance
des grands-parents des 11 millions d’habitants que compte le pays, c’est
alors environ un quart de la population qui s’avère être d’origine
étrangère
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