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lundi 20 mai 2013

colloque sur les inégalités sociales de santé en Afrique francophone


Pourquoi un colloque sur les inégalités sociales de santé en Afrique francophone ?

Les ISS sont un phénomène multidimensionnel, d’une part en termes de publics concernés (inégalités relatives au genre, au revenu, à l’âge, au milieu professionnel, au territoire, etc.) et d’autre part, en termes de conséquences observables et mesurables au moyen de divers indicateurs (accès au système de santé, à des soins de qualité, à la vaccination, espérance de vie, mortalité et morbidité évitables, handicaps, etc.).

Ces inégalités sont de grande ampleur et pèsent lourdement sur le développement et la croissance des pays d’Afrique. Le contexte de pauvreté est à la fois un facteur majeur d’explication des ISS et une résultante de celles-ci, preuve d’un double lien de causalité. Néanmoins, dans une approche systémique, la pluralité des déterminants de la santé (facteurs biologiques, environnementaux, comportementaux, économiques et psychosociaux) montre la complexité du phénomène, d’autant que ces déterminants ne sont pas exclusifs mais, bien souvent, cumulés, renforçant mutuellement leur impact négatif sur la santé des communautés. Ainsi, selon une publication de la Commission Economique pour l’Afrique des Nations Unies (données 2008), les pays d’Afrique montrent des inégalités notables concernant les femmes, particulièrement dans les populations rurales et notamment en termes d’accès aux services de santé de base.

Selon une étude de l’Institut de Recherche et de Documentation en Économie de la Santé (IRDES) « Être issu d’un milieu défavorisé, avoir connu des épisodes de précarité, avoir des parents de niveau scolaire peu élevé, adoptant des comportements à risque ou en mauvaise santé, sont autant de facteurs explicatifs des inégalités de santé à l’âge adulte ».

L’Afrique Subsaharienne n’est pas isolée dans une bulle socioéconomique. Elle occupe une place bien particulière dans les relations mondiales. Elle souffre ainsi de la fuite de ses cerveaux vers le nord. Souvent pillées de ses richesses minières et agraires, les pays africains ont le mérite de vouloir continuer à asseoir des soins de santé plus accessibles, plus pertinents et plus performants. Les progrès réalisés par exemple dans la lutte contre la malaria (OMS-Afro, 2009) soulignent la résilience des communautés et des Etats et montrent la voie de politiques à évaluer, adapter, diffuser afin d’asseoir de véritables politiques contextuelles de lutte contre les ISS. C’est la raison de ce colloque.

Réduire les ISS dans les pays d’Afrique est une obligation pour mettre davantage d’équité en santé, pour accroître l’espérance de vie des populations et pour « combler ce fossé en une génération » (OMS 2008).

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